05.10.2009

Poste : des votations pseudo-citoyennes, sans valeur, ni légitimité

« Les partis et syndicats de gauche ont organisé ce week-end des « votations citoyennes » sur l’avenir du secteur public postal.

 

Il s’agit là de pseudos-consultations, dépourvues de toutes les garanties démocratiques  usuelles attachées au vote.

 

Le résultat n’aura donc ni signification, ni légitimité.

 

Sur le fond, la gauche agite de manière inappropriée le spectre de la privatisation de la Poste.

 

Les directives européennes, que nous avons soutenues avec la quasi-totalité des partis socialistes européens, sont extrêmement claires : elles prévoient, à partir de 2011, l’ouverture du marché postal à la concurrence, ce qui permettra aux usagers de bénéficier de plusieurs opérateurs privés, sans disparition de l’opérateur public.

 

Le projet de loi que prépare le Gouvernement prévoit d’ailleurs que, transformée en société anonyme, la Poste restera détenue à 100% par des capitaux publics.

 

Enfin… comment ne pas relever que les textes européens votés l’an passé ont sanctifié, noir  sur blanc, le droit pour tout usager de se voir distribuer le courrier, 6 jours sur 7, en tout point du territoire, quel que soit son lieu d’habitation.

 

Dans ces conditions, il faut éviter de faire de l’avenir de La Poste un enjeu politique ; c’est d’ailleurs ce qu’avait compris L. Jospin, dont le Gouvernement avait le premier soutenu à Bruxelles la libéralisation du marché postal ».

Christine de Veyrac, Député européen du Sud-ouest

06.04.2009

Halte aux préjugés

Les préjugés semblent être la chose que les humains ont le plus en partage. En se penchant sur les conflits qui ensanglantent notre planète et les tensions sociales qui traversent notre pays, le constat est saisissant. Au-delà de la complexité des analyses d’experts, il faut bien se rendre à l’évidence : le fond du problème est bien la persistance des préjugés, qui sont sans doute le poison qui menace le plus l’équilibre social et les fondements de notre République. Les préjugés enfantent discriminations et racisme et nuisent au vivre-ensemble. C’est en cela que la lutte contre les préjugés est une priorité et un devoir qui s’impose à tous. 
Les préjugés dans notre société, sont comme un virus endormi dans le corps humain. Au moindre signe de faiblesse, ils sont réactivés. Aujourd’hui, la crise économique et la recrudescence des conflits au Proche-Orient réveillent des stéréotypes que l’on croyait pourtant dépassés ou anachroniques. 

Il est absolument insupportable qu’aujourd’hui, il en est encore qui puissent penser que le juif est cupide et agent d’un vaste complot international, que l’Arabe est sanguinaire et fanatique, ou encore que l’Auvergnat est radin et le gitan voleur de poules ! Il est absolument insupportable qu’à l’heure du tout scientifique, il en est encore qui aient la paresse intellectuelle et la mauvaise foi de prendre pour dû une opinion de deuxième main, fondée sur des arguments faux et irrationnels. 
Solidement ancrés dans les consciences collectives, les préjugés sont tenaces. Ils blessent d’abord les personnes les plus vulnérables et provoquent des mécanismes d’exclusion ou de rejet à tous les niveaux. Si on n’enraye pas cette spirale, ils peuvent engendrer le pire dont l’Homme soit capable : l’exploitation, l’esclavage, la ségrégation et le génocide. Et même si les idéologies racistes ne se dévoilent pas partout au grand jour, la force du préjugé a rendu le racisme quasiment banal. 

Alors, oui, les préjugés sont ridicules et ils sont surtout dangereux ! C’est pour cela qu’il relève de notre responsabilité collective de les désintégrer, même si, comme le disait Einstein, «Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé» ! C’est pour cette raison que la lutte contre les préjugés et le racisme est une priorité et une condition essentielle au projet républicain. 

Ce projet républicain, c’est lui qui fait battre nos coeurs et qui scelle notre engagement commun, moi, Nicole Guedj, juive née à Constantine, et moi, Fadela Amara, musulmane née à Clermont Ferrand, nous citoyennes françaises. C’est pour donner vie au vivre ensemble, que nous avons voulu mobiliser l’ensemble du gouvernement à travers notre action ministérielle, moi Nicole Guedj en créant le comité interministériel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, moi Fadela Amara, en mobilisant tous les acteurs en faveurs des quartiers de la politique de la ville. C’est pour faire vivre les valeurs universelles que nous avons marché ensemble pour Ni Putes, Ni Soumises en 2003. 

C’est également l’engagement qui a anime les Assises nationales de la lutte contre les préjugés, le 15 mars 2009, nées de la volonté d’associations des quartiers populaires de protéger à tout prix le vivre ensemble en France pendant le conflit de Gaza. Au-delà des discours moralisateurs et incantatoires contre le racisme et les discriminations qui ont souvent montré leur inefficacité, voire leur contre-productivité, la vraie question que nous devons nous poser aujourd’hui est comment agir pour renforcer le projet républicain et faire vivre pleinement les valeurs universelles qui le fondent ? 

Car lutter contre les préjugés équivaut à réaffirmer le principe d’égalité entre les hommes, car lutter contre les discriminations qui en découlent équivaut à exercer notre devoir de fraternité. 

Nous devons être conscients que ces valeurs universelles, la liberté, l’égalité et la fraternité qui ornent les frontons de nos institutions, rayonnent par delà les frontières, comme la fierté de la France. La force du modèle français républicain c’est de répondre au défi de la diversité et de l’altérité, en refusant les élans communautaristes qui ne peuvent aboutir qu’à renforcer les préjugés et les tensions. C’est la force de ne pas céder aux tentations du relativisme culturel, qui sous des airs de fausse générosité sur le droit à la différence, peuvent mener à la différence des droits. 

Nos expériences de terrain nous ont montré qu’il était intolérable de justifier certaines pratiques archaïques qui bafouent les droits humains les plus fondamentaux, notamment les droits des femmes, au nom du respect de la tradition de l’autre. 

La lutte contre les préjugés ne signifie donc pas que nous ne devons avoir d’avis sur rien et tout accepter. La lutte contre les préjugés, c’est agir pour vivre ensemble sur la base des valeurs universelles que nous avons tous en commun, à commencer par l’égale dignité de chacun. C’est travailler à la construction d’une République métissée qui fasse vivre pleinement les valeurs d’égalité, de laïcité et de justice sociale. 

C’est la lutte contre les inégalités sociales et territoriales, qui sont l’objectif de la Dynamique Espoir Banlieues, c’est la lutte contre toutes formes de discriminations, pour que tous les Français, quels que soit leur origine et le lieu où ils vivent puissent accéder à l’excellence et à l’ascenseur social républicain. Oui, les quartiers populaires sont aussi le vivier des compétences et des élites de demain ! Ils serviront même de modèle à l’ensemble de la société car ils sont le lieu où s’invente mieux que partout ailleurs le vivre-ensemble. 

C’est seulement en nous engageant tous ensemble, chacun dans notre réalité quotidienne que nous pourrons changer les mentalités, en agissant pour le projet républicain à l’école, avec les associations, dans le monde de l’entreprise, dans les institutions, en politique, mais aussi au quotidien dans notre famille et notre lieu de travail. 

La société française est prête pour ce changement en profondeur. Jamais les conditions n’ont été réunies comme aujourd’hui pour promouvoir la diversité sociale et le métissage à toutes les échelles de la société, pour rompre avec la fatalité de la méfiance et des préjugés qui conduisent le monde à se déchirer. L’écrivain Chamfort a dit «Quiconque détruit un préjugé est un bienfaiteur du genre humain». Apportons chacun notre pierre à l’édifice pour faire vivre ce rêve d’humanité et de justice sociale que nous portons tous en nous.

Fadela AMARA
Nicole GUEDJ

24.02.2009

De grâce ne chiffrons pas notre désespérance

Lorsque l'on est attaché à la dignité, à l'autonomie et à la liberté du patient, l'on peut s'interroger sur le prix de la douleur (précium doloris). Je peux me satisfaire, en tant que Présidente Départementale du Parti Radical Valoisien, en tant qu'adhérente à l'ADMD (association pour le droit de mourir dans la dignité) des nouvelles apportées par la commission de bioéthique soutenue par J LEONETTI Député Radical, de cette mesure sur l'assistance en fin de vie.

 

Néanmoins, je ne peux me satisfaire que celle ci soit votée avec si peu de voix de parlementaires présents, l'on peut s'interroger de savoir si la fin de vie n'est pas toujours à deux vitesses, ceux qui malheureusement sont concernés et touchés dans leur chair et leur cœur et ceux qui pensent "que la tragédie des autres est banale lorsqu'elle ne les concerne pas". Il s'agit d'un sujet douloureux, qui va à l'encontre de tous les tabous religieux, philosophiques et médicaux. Mais la fin de vie n'a pas d'âge, si aujourd'hui le malade a enfin un droit de regard sur sa propre personne, il y a aussi ceux qui l'entourent, il faut admettre la notion de mort comme celle de la vie, et il n'y a ni mort de gauche ni mort de droite, il y a la souffrance, et ce quelle que soit l'étiquette politique, on ne peut plus vouloir l'ignorer. Alors pourquoi s'être étonné que ces dernières mesures visant à accompagner la fin de vie soit votées à l'unanimité, mais ma satisfaction est en demi mesure, car le prix de la douleur n'en a pas, celle-ci va permettre d'être présent auprès des nôtres en fin de vie, trois semaines seulement c'est à dire peu, il faut du courage, il faut de l'abnégation, mais de grâce ne chiffrons pas notre désespérance.

Eva Roy
Présidente Départemental
du Parti Radical Valoisien

 

10.02.2009

Au sujet de l'intervention télévisée du Président de la République

Mon cher Serge,

Comme aux autres membres du groupe Facebook UMP58, tu m'as demandé de te faire part de mes observations, commentaires, etc... sur la dernière intervention télévisée du Président de la République.

N'ayant jamais été un courtisan, et n'ayant pas, à mon âge, la moindre intention de le devenir, il se peut que cette réponse apparaisse aux yeux de certains, comme impertinente, voire irrespectueuse. Je m'en excuse d'avance auprès d'eux, mais j'en assume totalement le risque.

Comme je l'ai écrit brièvement sur ton mur, j'ai beaucoup apprécié l'intervention télévisée du Président de la République; je ne m'étendrai pas sur les multiples raisons de ma satisfaction: nombreux seront, je pense ceux qui le feront beaucoup mieux que moi.

Par contre, je développerai un peu plus longuement ma réaction à ce qui m'a véritablement stupéfié. " Qu'allait-il faire dans cette galère? " nous aurait-dit Molière.

Quel besoin de s'en prendre ainsi, en insistant lourdement qui plus est, au pays qui préside aujourd'hui l'Union Européenne? Quelle raison? Quelle justification? J'avoue n'en trouver aucune.

Se concilier les bonnes grâces des "Mitallos" de Gandrange ? On a vu - comme on pouvait s'en douter- que c'était rapé puisqu'ils continuent à traiter le Président de menteur. Alors un ancestral contentieux de mauvais voisinage tchéco-hongrois? Ou une différence d'appréciation sur la conduite des affaires de la Maison Europe? Un différend plus personnel avec le Président ou le Premier Ministre Tchèque?

Ce ne peuvent être des raisons suffisantes pour justifier ce qui s'est passé: Parler, en passant, de "délocalisations en Tchéquie" eut été une erreur qu'on aurait pu imputer à la lecture hâtive de notes d'un conseiller pour le moins maladroit; le répéter à 3 ou 4 reprises est une faute difficilement admissible.

C'est d'abord profondément stupéfiant que le Président ait parlé de "Tchéquie" alors que, dès le premier contact avec les habitants de ce pays, on note l'importance qu'ils attachent à ce qu'on parle de la "République tchèque". Alors, volonté délibérée de choquer ou incapacité du Président de s'imposer une discipline que le citoyen lambda que je suis respecte scrupuleusement?

Contrairement à des amis plus libéraux que moi, je veux bien, je souhaite même que l'Europe protège ses citoyens, j'aurais admis qu'on nous parlât de délocalisations en Inde, au Zimbabwe ( je n'ai rien contre ce pauvre pays dont on parle maintenant comme jadis du Zambèze et de la Corrèze) voire en Turquie ( s'il fallait absolument une tête de turc). Mais stigmatiser ainsi un Pays qui, non seulement fait partie de l’Union Européenne mais encore en assume la Présidence, me paraît totalement déplacé.

De quelle autorité morale disposera-t-on désormais pour dénoncer la frilosité et le chacun pour soi des autres pays européens si on les pratique nous même ? Comment dénoncer le laxisme et même la complicité du gouvernement Britannique et de la direction de Total face à la xénophobie triomphante des syndicats anglais ? Comment obtenir le soutien de la présidence Européenne à l’accord Sarkozy- Merkel, en prévision de la prochaine réunion du G20, si l’on commence par manifester son mépris pour le pays qui assume cette présidence ?
N’est-ce pas assez d’avoir lâchement abandonné nos voisins de l’Est européens à la répression communiste dans les années 50 et 60 ? Faut-il, en plus, leur en faire aujourd’hui, indirectement, le grief en dénonçant les mesures qu'ils prennent pour se sortir de la situation économique dans laquelle ils ont été plongés? Comment vais-je désormais pouvoir me présenter sans honte aux yeux mes nouveaux amis tchèques, dont l’Ambassadeur de la République Tchèque à Paris, rencontrés l’été dernier dans la région de Prague et Plzen dans le cadre d’un rapprochement entre citoyens européens ?

Mais à toute chose, malheur est bon. Au moins ce regrettable incident aura-t-il eu le mérite de me faire prendre conscience de mon propre laxisme : Ca fait des mois, sinon des années que, sans avoir encore eu le courage de le faire, j’entends dénoncer l’emploi du mot « délocalisation », à la connotation des plus péjoratives, lorsqu’il s’agit d’évoquer le déplacement d’une activité à l’intérieur de l’Union Européenne. Il ne doit pas manquer, au sein de l’UMP, de distingués linguiste pour nous trouver une autre expression. Quoi qu’il en soit, à compter de ce jour et dans l’optique de la campagne pour les Européennes dans laquelle nous entrons, je ne laisserai plus sans réagir employer le mot « délocalisation » indistinctement suivant qu’il s’agisse d’un déplacement d’activité à l’intérieur ou vers l’extérieur de l’Union Européenne.

Jean-Pierre SALON

L'Europe des citoyens? ça marche!
http://perso.orange.fr/gomace/accueil.htm
http://www.touteleurope.fr/fr.html

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